PANAMERICA

ᴘʀᴇᴍɪᴇʀᴇ ᴘᴀɢᴇ

 

C’est l’hiver. Il fait nuit.
De l’espace sombre et vide, aux nuages gris et jaunes ; 
nous nous approchons, dans une lente chute, de ce que l’on devinera vite être une ville — puis un parc — un peu plus à l’écart encore, de toutes ses sirènes assourdissantes.
Nous tombons, doucement. Tel un premier flocon de novembre qui, sans prévenir personne, viendrait délicatement se poser parmi les hommes. D’une vitesse constante, et sans un bruit.
Plus sagement que la grêle.
Moins violemment que la pluie.

Dans notre lointain voyage qui des cieux nous emportâmes jusqu’ici, chaque mètre signe sa découverte, si bien, que maintenant, déjà ; loin du sentier parsemé de quelques lampadaires abscons, notre unique source de lumière nous est offerte par les phares fébriles d’un vieux van (et peut-être aussi du trou) que semble avoir tout spécialement creusé pour nous la lune : dans un ciel noir aussi profond qu’absent d’étoiles.