L'ARBRE MORT

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Nous avons dormi sous cet arbre mort
Et ses branches dévêtues s’en souviennent encore ;
Se nourrissant, jusque dans nos rêves les plus farfelus,
De nos joies et de nos peurs comme elles buvaient, jadis
L’eau de pluie, dont elles n’ont aujourd’hui que faire.

— Puisses-tu voir, toi aussi, au-devant de ce tronc
Ce que nous y voyons ! —

Car derrière la couleur des feuilles se trouve, toujours
La branche tordue de l’arbre qui sagement attend sa faim.